Les traitements de tannage thermique

 

La proportion de tourteaux de colza consommée sous forme traitée au formaldéhyde est relativement importante. D'après les modèles du CEREOPA*, c'est à dire en postulant une parfaite rationalité et une forte réactivité des utilisateurs, la part du "tanné" devrait représenter plus de 50 % des consommations de tourteau de colza durant les quatre derniers trimestres.

 

 

Répartition des utilisations de tourteaux de colza

selon les projections CEREOPA (en 1000 T)

 

Même si cette représentation ne reflète pas exactement la réalité du terrain, elle souligne l'importance des utilisations chez le ruminant du tourteau de colza et de la part prise par les produits tannés.
Le marché de l'alimentation animale a traversé plusieurs crises liées à des craintes relatives aux matières premières. En cas de remise en cause des traitements au formol, il est vraisemblable qu'une part importante des tourteaux de colza se retrouverait bannie du marché ce qui ne serait pas sans conséquences sur ses cours.
Il semble donc important de disposer de technologies alternatives pour proposer rapidement aux utilisateurs des produits porteurs d'une meilleure image.
Le CETIOM, en concertation avec l'ONIDOL, souhaite réaliser une étude portant sur ces différentes alternatives en utilisant l'atelier pilote de Pessac (CREOL).
L'un des objectif de ce travail est de produire des recommandations applicables dans les conditions industrielles. Cela nécessitera dans un premier temps de déterminer les conditions permettant au pilote de produire des tourteaux ayant les mêmes caractéristiques que les tourteaux industriels.
Les modes de traitement envisagés sont des traitements de cuisson dont on sait qu'ils permettent de rendre la matière azotée moins soluble. Il s'agit du brunissement non enzymatique aucours duquel les protéines réagissent avec des sucres réducteurs. Ces liaisons agissent comme le formol en réduisant la dégradabilité des protéines dans le rumen.
Par ailleurs ces traitements thermiques ayant un coût, il sera recherché des moyens de les appliquer en optimisant le process, c'est à dire en recherchant des améliorations au niveau de la qualité de l'huile (destructions de la D phospholipase) et de la facilité de l'extraction et/ou de désolvantation, sachant que le colza est plus difficile à extraire et à désolvanter que le soja.

 

* Centre d'Etudes et de Recherche sur l'Economie et l'Organisation des Productions Animales (site Internet www.cereopa.com)

 

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